—Il ne me manque qu’une seule chose pour être heureux, dit Godefroid.

—Eh, quoi? demanda le banquier.

—Une occupation.

—Une occupation! reprit l’abbé de Vèze. Vous avez donc changé d’avis, vous étiez venu dans notre cloître y chercher le repos...

—Le repos sans la prière qui vivifiait les monastères, sans la méditation qui peuplait les thébaïdes, devient une maladie, dit sentencieusement monsieur Joseph.

—Apprenez la tenue des livres, dit en souriant monsieur Mongenod, vous pourrez devenir dans quelques mois très utile à mes amis...

—Oh! avec bien du plaisir, s’écria Godefroid.

Le lendemain était un dimanche, madame de La Chanterie exigea de son pensionnaire qu’il lui donnât le bras pour aller à la grand’messe.

—C’est, dit-elle, la seule violence que je veuille vous faire. Maintes fois, durant cette semaine, j’ai voulu vous parler de votre salut; mais je ne crois pas le moment venu. Vous seriez bien occupé, si vous partagiez nos croyances, car vous partageriez aussi nos travaux.

A la messe, Godefroid observa la ferveur de messieurs Nicolas, Joseph et Alain; mais, comme, pendant ces quelques jours, il avait pu se convaincre de la supériorité, de la perspicacité, de l’étendue des connaissances, du grand esprit de ces messieurs, il pensa que, s’ils s’humiliaient ainsi, la religion catholique avait des secrets qui jusqu’alors lui avaient échappé.