—Poret. Pardonnez! (je suis Espagnol), si elle se rappelle les personnes qui habitaient cette... Comment nommez-vous la maison...
—Une pension bourgeoise, dit madame Poiret.
—Je ne sais ce que c’est! répondit Jacques Collin.
—C’est une maison où l’on dîne et où l’on déjeune par abonnement.
—Vous avez raison, s’écria Camusot qui fit un signe de tête favorable à Jacques Collin, tant il fut frappé de l’apparente bonne foi avec laquelle il lui fournissait les moyens d’arriver à un résultat. Essayez de vous rappeler les abonnés qui se trouvaient dans la pension lors de l’arrestation de Jacques Collin.
—Il y avait monsieur de Rastignac, le docteur Bianchon, le père Goriot... mademoiselle Taillefer...
—Bien, dit le juge qui n’avait pas cessé d’observer Jacques Collin dont la figure fut impassible. Eh bien! ce père Goriot...
—Il est mort, dit madame Poiret.
—Monsieur, dit Jacques Collin, j’ai plusieurs fois rencontré chez Lucien un monsieur de Rastignac, lié, je crois, avec madame de Nucingen, et, si c’est lui dont il serait question, jamais il ne m’a pris pour le forçat avec lequel on essaie de me confondre...
—Monsieur de Rastignac et le docteur Bianchon, dit le juge, occupent tous les deux des positions sociales telles que leur témoignage, s’il vous est favorable, suffirait pour vous faire élargir. Coquart, préparez leurs citations.