—Pauvre ami! lui répondit-elle à l’oreille, pardonnez-moi, je parais folle; mais il s’agissait de vous autant que de moi.

—Aimez ce jeune homme, si la fatalité le veut, mais ne laissez pas tant voir votre passion!... répondit le pauvre mari.

—Allons, chère comtesse, dit monsieur de Grandville après avoir causé pendant quelque temps avec le comte Octave, j’espère que vous emmènerez monsieur de Rubempré dîner chez vous ce soir.

Cette quasi promesse produisit une telle réaction sur madame de Sérisy, qu’elle pleura.

—Je croyais ne plus avoir de larmes, dit-elle en souriant. Ne pourriez-vous pas, reprit-elle, faire attendre ici monsieur de Rubempré?...

—Je vais tâcher de trouver des huissiers pour nous l’amener, afin d’éviter qu’il soit accompagné de gendarmes, répondit monsieur de Grandville.

—Vous êtes bon comme Dieu! répondit-elle au procureur-général avec une effusion qui rendit sa voix une musique divine.

—C’est toujours ces femmes-là, se dit le comte Octave, qui sont délicieuses, irrésistibles!...

Et il eut un accès de mélancolie en pensant à sa femme (Voir Honorine, Scènes de la vie privée).

Pendant que jolies femmes, ministres, magistrats, conspiraient tous pour sauver Lucien, voici ce qui se passait à la Conciergerie.