Pendant que la comtesse faisait le tour par la rue de la Barillerie et par le quai de l’Horloge, monsieur de Grandville et monsieur de Sérisy descendaient à la Conciergerie par l’intérieur du Palais en devinant l’intention de la comtesse; mais, malgré leur diligence, ils arrivèrent au moment où elle tombait évanouie à la première grille, et qu’elle était relevée par les gendarmes descendus de leur corps de garde. A l’aspect du directeur de la Conciergerie, on ouvrit le guichet, on transporta la comtesse dans le greffe; mais elle se dressa sur ses pieds, et tomba sur ses genoux en joignant les mains.

—Le voir!... le voir!... Oh! messieurs, je ne ferai pas de mal! mais si vous ne voulez pas me voir mourir là... laissez-moi regarder Lucien, mort ou vivant... Ah! tu es là, mon ami, choisis entre ma mort ou... Elle s’affaissa.—Tu es bon, reprit-elle. Je t’aimerai!...

—Emportons-la?... dit monsieur de Bauvan.

—Non, allons à la cellule où est Lucien! reprit monsieur de Grandville en lisant dans les yeux égarés de monsieur de Sérisy ses intentions.

Et il saisit la comtesse, la releva, la prit sous un bras, tandis que monsieur de Bauvan la prenait sous l’autre.

—Monsieur! dit monsieur de Sérisy au directeur, un silence de mort sur tout ceci.

—Soyez tranquille, répondit le directeur. Vous avez pris un bon parti. Cette dame...

—C’est ma femme...

—Ah! pardon, monsieur. Eh! bien, elle s’évanouira certainement en voyant le jeune homme, et pendant son évanouissement on pourra l’emporter dans une voiture.

—C’est ce que j’ai pensé, dit le comte, envoyez un de vos hommes dire à mes gens, cour de Harlay, de venir au guichet, il n’y a que ma voiture là...