—Mais s’il y avait de l’or dans...

—Y en a-t-il? demanda brutalement Marche-à-terre à Marie en lui secouant le bras.

—J’ai une centaine d’écus, répondit mademoiselle de Verneuil.

A ces mots les deux Chouans se regardèrent.

—Eh! mon bon ami, ne nous brouillons pas pour une Bleue, dit Pille-miche à l’oreille de Marche-à-terre, boutons-la dans l’étang avec une pierre au cou, et partageons les cent écus.

—Je te donne les cent écus dans ma part de la rançon de d’Orgemont, s’écria Marche-à-terre en étouffant un grognement causé par ce sacrifice.

Pille-miche poussa une espèce de cri rauque, alla chercher le postillon, et sa joie porta malheur au capitaine qu’il rencontra. En entendant le coup de feu, Marche-à-terre s’élança vivement à l’endroit où Francine, encore épouvantée, priait à genoux, les mains jointes auprès du pauvre capitaine, tant le spectacle d’un meurtre l’avait vivement frappée.

—Cours à ta maîtresse, lui dit brusquement le Chouan, elle est sauvée!

Il courut chercher lui-même le postillon, revint avec la rapidité de l’éclair, et, en passant de nouveau devant le corps de Merle, il aperçut le gant du Gars que la main morte serrait convulsivement encore.

—Oh! oh! s’écria-t-il, Pille-miche a fait là un traître coup! il n’est pas sûr de vivre de ses rentes.