En ce moment, les deux mères arrivèrent pour voir Benassis, et le charretier resta immobile au milieu de la cour dans une direction qui lui permettait de regarder le médecin.
—Voyons, donnez-moi votre main, dit Benassis à madame Vigneau.
Il tâta le pouls de la jeune femme avec une attention scrupuleuse, en se recueillant et demeurant silencieux. Pendant ce temps, les trois femmes examinaient le commandant avec cette curiosité naïve que les gens de la campagne n’ont aucune honte à exprimer.
—Au mieux, s’écria gaiement le médecin.
—Accouchera-t-elle bientôt? s’écrièrent les deux mères.
—Mais, cette semaine sans doute. Vigneau est en route? demanda-t-il après une pause.
—Oui, monsieur, répondit la jeune femme, il se hâte de faire ses affaires pour pouvoir rester au logis pendant mes couches, le cher homme!
—Allons, mes enfants, prospérez! Continuez à faire fortune et à faire le monde.
Genestas était plein d’admiration pour la propreté qui régnait dans l’intérieur de cette maison presque ruinée. En voyant l’étonnement de l’officier, Benassis lui dit: —Il n’y a que madame Vigneau pour savoir approprier ainsi un ménage! Je voudrais que plusieurs gens du bourg vinssent prendre des leçons ici.
La femme du tuilier détourna la tête en rougissant; mais les deux mères laissèrent éclater sur leurs physionomies tout le plaisir que leur causaient les éloges du médecin, et toutes trois l’accompagnèrent jusqu’à l’endroit où étaient les chevaux.