—Trois cents écus de six francs! répétèrent en chœur le malheureux banquier, Pille-miche et Coupiau, mais avec des expressions diverses.
—Hélas! mon cher monsieur, continua d’Orgemont, je suis ruiné. L’emprunt forcé de cent millions fait par cette République du diable, qui me taxe à une somme énorme, m’a mis à sec.
—Combien t’a-t-elle donc demandé, ta République?
—Mille écus, mon cher monsieur, répondit le banquier d’un air piteux en croyant obtenir une remise.
—Si ta République t’arrache des emprunts forcés si considérables, tu vois bien qu’il y a tout à gagner avec nous autres, notre gouvernement est moins cher. Trois cents écus, est-ce donc trop pour ta peau?
—Où les prendrai-je?
—Dans ta caisse, dit Pille-miche. Et que tes écus ne soient pas rognés, ou nous te rognerons les ongles au feu.
—Où vous les paierai-je, demanda d’Orgemont.
—Ta maison de campagne de Fougères n’est pas loin de la ferme de Gibarry, où demeure mon cousin Galope-chopine, autrement dit le grand Cibot, tu les lui remettras, dit Pille-miche.
—Cela n’est pas régulier, dit d’Orgemont.