«Soldats,
«Il ne reste plus dans l’Ouest que des brigands, des émigrés, des stipendiés de l’Angleterre.
«L’armée est composée de plus de soixante mille braves; que j’apprenne bientôt que les chefs des rebelles ont vécu. La gloire ne s’acquiert que par les fatigues; si on pouvait l’acquérir en tenant son quartier général dans les grandes villes, qui n’en aurait pas?...
«Soldats, quel que soit le rang que vous occupiez dans l’armée, la reconnaissance de la nation vous attend. Pour en être dignes, il faut braver l’intempérie des saisons, les glaces, les neiges, le froid excessif des nuits; surprendre vos ennemis à la pointe du jour et exterminer ces misérables, le déshonneur du nom français.
«Faites une campagne courte et bonne; soyez inexorables pour les brigands, mais observez une discipline sévère.
«Gardes nationales, joignez les efforts de vos bras à celui des troupes de ligne.
«Si vous connaissez parmi vous des hommes partisans des brigands, arrêtez-les! Que nulle part ils ne trouvent d’asile contre le soldat qui va les poursuivre; et s’il était des traîtres qui osassent les recevoir et les défendre, qu’ils périssent avec eux!»
—Quel compère! s’écria Hulot, c’est comme à l’armée d’Italie, il sonne la messe et il la dit. Est-ce parler, cela?
—Oui, mais il parle tout seul et en son nom, dit Gérard, qui commençait à s’alarmer des suites du Dix-huit brumaire.
—Hé! sainte guérite, qu’est-ce que cela fait, puisque c’est un militaire, s’écria Merle.