—Venez ici, mon colonel, dit en souriant mademoiselle de Verneuil qui lui indiqua de la main une chaise auprès d’elle. —Occupons-nous, puisqu’il le faut, des affaires de l’État. Mais riez donc? Qu’avez-vous? Y a-t-il des Chouans ici?
Le commandant était resté béant à l’aspect du jeune inconnu qu’il contemplait avec une singulière attention.
—Ma mère, désirez-vous encore du lièvre? Mademoiselle, vous ne mangez pas, disait à Francine le marin en s’occupant des convives.
Mais la surprise de Hulot et l’attention de mademoiselle de Verneuil avaient quelque chose de cruellement sérieux qu’il était dangereux de méconnaître.
—Qu’as-tu donc, commandant, est-ce que tu me connaîtrais? reprit brusquement le jeune homme.
—Peut-être, répondit le républicain.
—En effet, je crois t’avoir vu venir à l’École.
—Je ne suis jamais allé à l’école, répliqua brusquement le commandant. Et de quelle école sors-tu donc, toi?
—De l’École Polytechnique.
—Ah! ah! oui, de cette caserne où l’on veut faire des militaires dans des dortoirs, répondit le commandant dont l’aversion était insurmontable pour les officiers sortis de cette savante pépinière. Mais dans quel corps sers-tu?