—Mais je n’ai plus rien, répondit-elle, je ne souffre plus! Seulement, je voudrais avoir la puissance de Dieu pour mettre à tes pieds tout l’or de la terre.
—Pourquoi de l’or, demanda-t-il. Et il attira sa femme sur lui, la pressa et la baisa de nouveau sur le front.—Ne me donnes-tu pas de plus grandes richesses en m’aimant comme tu m’aimes, chère et précieuse créature, reprit-il.
—Oh! mon Balthazar, pourquoi ne dissiperais-tu pas les angoisses de notre vie à tous, comme tu chasses par ta voix le chagrin de mon cœur? Enfin, je le vois, tu es toujours le même.
—De quelles angoisses parles-tu, ma chère?
—Mais nous sommes ruinés, mon ami!
—Ruinés, répéta-t-il. Il se mit à sourire, caressa la main de sa femme en la tenant dans les siennes, et dit d’une voix douce qui depuis longtemps ne s’était pas fait entendre:—Mais demain, mon ange, notre fortune sera peut-être sans bornes. Hier en cherchant des secrets bien plus importants, je crois avoir trouvé le moyen de cristalliser le carbone, la substance du diamant. O ma chère femme!... dans quelques jours tu me pardonneras mes distractions. Il paraît que je suis distrait quelquefois. Ne t’ai-je pas brusquée tout à l’heure? Sois indulgente pour un homme qui n’a jamais cessé de penser à toi, dont les travaux sont tout pleins de toi, de nous.
—Assez, assez, dit-elle, nous causerons de tout cela ce soir, mon ami. Je souffrais par trop de douleur, maintenant je souffre par trop de plaisir.
Elle ne s’attendait pas à revoir cette figure animée par un sentiment aussi tendre pour elle qu’il l’était jadis, à entendre cette voix toujours aussi douce qu’autrefois, et à retrouver tout ce qu’elle croyait avoir perdu.
—Ce soir, reprit-il, je veux bien, nous causerons. Si je m’absorbais dans quelque méditation, rappelle-moi cette promesse. Ce soir, je veux quitter mes calculs, mes travaux, et me plonger dans toutes les joies de la famille, dans les voluptés du cœur; car, Pépita, j’en ai besoin, j’en ai soif!
—Tu me diras ce que tu cherches, Balthazar?