Pauline s’élança sur l’innocent arbuste, le saisit par la tige et le jeta dans le jardin.

—Oh! ange, s’écria-t-elle en serrant Raphaël par une étreinte aussi forte que leur amour et en lui apportant avec une langoureuse coquetterie ses lèvres vermeilles à baiser, en te voyant pâlir, j’ai compris que je ne te survivrais pas: ta vie est ma vie. Mon Raphaël, passe-moi ta main sur le dos? J’y sens encore la petite mort, j’y ai froid. Tes lèvres sont brûlantes. Et ta main?... elle est glacée, ajouta-t-elle.

—Folle! s’écria Raphaël.

—Pourquoi cette larme? dit-elle. Laisse-la-moi boire.

—Oh! Pauline, Pauline, tu m’aimes trop.

—Il se passe en toi quelque chose d’extraordinaire, Raphaël? Sois vrai, je saurai bientôt ton secret. Donne-moi cela, dit-elle en prenant la Peau de chagrin.

—Tu es mon bourreau, cria le jeune homme en jetant un regard d’horreur sur le talisman.

—Quel changement de voix! répondit Pauline qui laissa tomber le fatal symbole du destin.

—M’aimes-tu? reprit-il.

—Si je t’aime, est-ce une question?