—Je vais vous en donner un, dit-elle, et vous sauver.

—Ah! tu seras mon bon ange.

Juana revint, tendit à Diard un de ses pistolets, et détourna la tête. Diard ne prit pas le pistolet. Juana entendit le bruit de la cour, où l’on déposait le corps du marquis pour le confronter avec l’assassin, elle se retourna, vit Diard pâle et blême. Cet homme se sentait défaillir et voulait s’asseoir.

—Vos enfants vous en supplient, lui dit-elle, en lui mettant l’arme sur les mains.

—Mais, ma bonne Juana, ma petite Juana, tu crois donc que... Juana? Cela est-il bien pressé... Je voudrais t’embrasser.

Les gendarmes montaient les marches de l’escalier. Juana reprit alors le pistolet, ajusta Diard, le maintint malgré ses cris en le saisissant à la gorge, lui fit sauter la cervelle, et jeta l’arme par terre.

En ce moment la porte s’ouvrit brusquement. Le procureur du roi, suivi d’un juge, d’un médecin, d’un greffier, les gendarmes, enfin toute la Justice humaine apparut.

—Que voulez-vous? dit-elle.

—Est-ce là monsieur Diard? répondit le procureur du roi, en montrant le corps courbé en deux.

—Oui, monsieur.