Un propriétaire qui avait souscrit pour les enfants et la tombe du général Foy, s’écria:

—Ainsi que la vertu le crime a ses degrés!

—Bavard! me dit l’ancien ministre à voix basse en me poussant le coude.

—Où est la difficulté? demanda un duc dont la fortune consiste en biens confisqués à des protestants réfractaires lors de la révocation de l’édit de Nantes.

L’avocat se leva:—En droit, l’espèce qui nous est soumise ne constituerait pas la moindre difficulté. Monsieur le duc a raison! s’écria l’organe de la loi. N’y a-t-il pas prescription? Où en serions-nous tous s’il fallait rechercher l’origine des fortunes! Ceci est une affaire de conscience. Si vous voulez absolument porter la cause devant un tribunal, allez à celui de la pénitence.

Le Code incarné se tut, s’assit et but un verre de vin de Champagne. L’homme chargé d’expliquer l’Évangile, le bon prêtre, se leva.

—Dieu nous a faits fragiles, dit-il avec fermeté. Si vous aimez l’héritière du crime, épousez-la, mais contentez-vous du bien matrimonial, et donnez aux pauvres celui du père.

—Mais, s’écria l’un de ces ergoteurs sans pitié qui se rencontrent si souvent dans le monde, le père n’a peut-être fait un beau mariage que parce qu’il s’était enrichi. Le moindre de ses bonheurs n’a-t-il donc pas toujours été un fruit du crime?

—La discussion est en elle-même une sentence! Il est des choses sur lesquelles un homme ne délibère pas, s’écria mon ancien tuteur qui crut éclairer l’assemblée par une saillie d’ivresse.

—Oui! dit le secrétaire d’ambassade.