—Vous ne savez pas ce que je veux, répondit Grammont.
—Oh! cela se devine, dit la Limeuil.
La coutume italienne de nommer les dames, comme font les paysans de leurs femmes, la une telle, était alors de mode à la cour de France.
—Vous vous trompez, reprit vivement le comte, il s’agit de remettre à mademoiselle de Matha, l’une des filles de l’autre bord, une lettre de mon cousin de Jarnac.
—Ne compromettez pas mes filles, dit la comtesse de Fiesque, je la donnerai moi-même!
—Savez-vous des nouvelles de ce qui se passe en Flandre? demanda madame de Fiesque au cardinal de Tournon. Il paraît que monsieur d’Egmont donne dans les nouveautés.
—Lui et le prince d’Orange, reprit Cypierre en faisant un geste d’épaules assez significatif.
—Le duc d’Albe et le cardinal Granvelle y vont, n’est-ce pas, monsieur? dit Amyot au cardinal de Tournon qui restait sombre et inquiet entre les deux groupes, après sa conversation avec le chancelier.
—Heureusement nous sommes tranquilles, et nous n’avons à vaincre l’Hérésie que sur le théâtre, dit le jeune duc d’Orléans en faisant allusion au rôle qu’il avait rempli la veille, celui d’un chevalier domptant une hydre qui avait sur le front le mot Réformation.
Catherine de Médicis, d’accord en ceci avec sa belle-fille, avait laissé faire une salle de spectacle de l’immense salle qui plus tard fut disposée pour les États de Blois, et où, comme il a été déjà dit, aboutissaient le château de François Ier et celui de Louis XII.