—Il ne m’a rien dit de semblable, répondit Christophe. Il m’a seulement prié de les remettre à la reine Catherine en secret.
—Vous avez donc vu souvent Chaudieu, pour qu’il fût instruit de votre voyage.
—Le ministre n’a pas su par moi qu’en apportant leurs fourrures aux deux reines, je venais réclamer, de la part de mon père, la somme que lui doit la reine-mère, et je n’ai pas eu le temps de lui demander par qui.
—Mais ces papiers, qui vous ont été donnés sans être enveloppés ni cachetés, contenaient un traité entre des rebelles et la reine Catherine; vous avez dû voir qu’ils vous exposaient à subir le supplice destiné aux gens qui trempent dans une rébellion.
—Oui.
—Les personnes qui vous ont décidé à cet acte de haute trahison ont dû vous promettre des récompenses et la protection de la reine-mère.
—Je l’ai fait par attachement pour Chaudieu, la seule personne que j’aie vue.
—Persistez-vous donc à dire que vous n’avez pas vu le prince de Condé?
—Oui!
—Le prince de Condé ne vous a-t-il pas dit que la reine-mère était disposée à entrer dans ses vues contre messieurs de Guise?