—Monsieur le maréchal de Saint-André s’y trouvait avec cinq cents hommes d’armes.
Le prince donna les plus grands éloges sur ces dispositions militaires.
—Pour s’être conduit ainsi, fit-il en terminant, le lieutenant-général devait avoir les secrets des Réformés. Ces gens ont sans doute été trahis.
Le prince fut conduit de rigueur en rigueur; car, après l’avoir séparé des siens quand il voulut entrer au château, le cardinal et le chancelier lui barrèrent le passage quand il se dirigea vers l’escalier qui menait aux appartements du roi.
—Nous sommes chargés par le Roi, monseigneur, de vous conduire à votre appartement.
—Suis-je donc prisonnier?
—Si telle était l’intention du roi, vous ne seriez pas accompagné par un prince de l’Église et par moi, dit le chancelier.
Ces deux personnages conduisirent le prince à un appartement où des gardes lui furent donnés, soi-disant par honneur, et où il resta sans voir personne pendant quelques heures. De sa fenêtre, il regarda la Loire et les campagnes qui, d’Amboise à Tours, forment un si beau bassin; et il réfléchissait à sa situation, en se demandant ce que les Lorrains oseraient entreprendre sur sa personne, quand il entendit la porte de sa chambre s’ouvrir et vit entrer Chicot, le fou du roi, qui lui avait appartenu.
—On te disait en disgrâce, lui dit le prince.
—Vous ne sauriez croire combien, depuis la mort du roi Henri II, la cour est devenue sage.