—A qui me fier! s’écria la reine.
—A l’un de nous, dit Birague.
—Par ma foi, reprit Gondi, je vous promets de vous rendre le roi souple comme le roi de Navarre.
—Vous avez laissé périr le feu roi pour sauver vos autres enfants, eh! bien, faites comme chez les Grands-Seigneurs de Constantinople, annulez les colères et les fantaisies de celui-ci, dit Albert de Gondi. Il aime les arts, les poésies, la chasse, et une petite fille qu’il a vue à Orléans, en voilà bien assez pour l’occuper.
—Vous seriez donc le gouverneur du roi? dit Catherine au plus capable des deux Gondi.
—Si vous voulez me donner l’autorité nécessaire à un gouverneur, peut-être faudrait-il me nommer maréchal de France et duc. Cypierre est de trop petite taille pour continuer d’avoir cette charge. A l’avenir, le gouverneur d’un roi de France doit être quelque chose comme maréchal et duc...
—Il a raison, dit Birague.
—Poëte et chasseur, dit Catherine du ton de la rêverie.
—Nous chasserons et nous aimerons! s’écria Gondi.
—D’ailleurs, dit Chiverny, vous êtes sûre d’Amyot, qui aura toujours peur du boucon en cas de désobéissance, et avec Gondi vous tiendrez le roi en lisière.