—Est mort!
Le duc pencha la tête sur sa poitrine, fit un grand soupir, et resta muet. A ce mot, à ce soupir, les trois vieillards se regardèrent. Il leur sembla que l’illustre et opulente maison d’Hérouville disparaissait devant eux comme un navire qui sombre.
—Le maître d’en haut, reprit le duc en lançant un terrible regard sur le ciel, se montre bien ingrat envers moi. Il ne se souvient pas des hauts faits que j’ai commis pour sa sainte cause!
—Dieu se venge, dit le prêtre d’une voix grave.
—Mettez cet homme au cachot, s’écria le seigneur.
—Vous pouvez me faire taire plus facilement que vous n’apaiserez votre conscience.
Le duc d’Hérouville redevint pensif.
—Ma maison périr! mon nom s’éteindre! Je veux me marier, avoir un fils! dit-il après une longue pause.
Quelque effrayante que fût l’expression du désespoir peint sur la face du duc d’Hérouville, le rebouteur ne put s’empêcher de sourire. En ce moment, un chant frais comme l’air du soir, aussi pur que le ciel, simple autant que la couleur de l’Océan, domina le murmure de la mer et s’éleva pour charmer la nature. La mélancolie de cette voix, la mélodie des paroles, répandirent dans l’âme comme un parfum. L’harmonie montait par nuages, remplissait les airs, versait du baume sur toutes douleurs, ou plutôt elle les consolait en les exprimant. La voix s’unissait au bruissement de l’onde avec une si rare perfection qu’elle semblait sortir du sein des flots. Ce chant fut plus doux pour ces vieillards que ne l’aurait été la plus tendre parole d’amour pour une jeune fille, il apportait tant de religieuses espérances qu’il résonna dans le cœur comme une voix partie du ciel.
—Qu’est ceci? demanda le duc.