Les deux Voyants aperçurent le Séraphin tout obscur au milieu des légions immortelles dont les ailes étaient comme l’immense panache des forêts agitées par une brise.
Aussitôt, comme si toutes les flèches d’un carquois s’élançaient ensemble, les Esprits chassèrent d’un souffle les vestiges de son ancienne forme; à mesure que montait le Séraphin, il devenait plus pur; bientôt, il ne leur sembla qu’un léger dessin de ce qu’ils avaient vu quand il s’était transfiguré: des lignes de feu sans ombre.
Il montait, recevait de cercle en cercle un don nouveau; puis le signe de son élection se transmettait à la sphère supérieure où il montait toujours purifié.
Aucune des voix ne se taisait, l’hymne se propageait dans tous ses modes.
«Salut à qui monte vivant! Viens, fleur des Mondes! Diamant sorti du feu des douleurs! perle sans tache, désir sans chair, lien nouveau de la terre et du ciel, sois lumière! Esprit vainqueur, Reine du monde, vole à ta couronne! Triomphateur de la terre, prends ton diadème! Sois à nous!»
Les vertus de l’Ange reparaissaient dans leur beauté.
Son premier désir du ciel reparut gracieux comme une verdissante enfance.
Comme autant de constellations, ses actions le décorèrent de leur éclat.
Ses actes de foi brillèrent comme l’Hyacinthe du ciel, couleur du feu sidéral.
La Charité lui jeta ses perles orientales, belles larmes recueillies!