Que souvent les femmes voient plus juste que les hommes;
Que vous devriez prendre en tout l’avis de votre femme, et presque toujours le suivre;
Que vous devez respecter la mère de vos enfants, l’honorer, avoir confiance en elle;
Que la meilleure manière de n’être pas trompé est de s’en remettre à la délicatesse d’une femme, parce que, suivant certaines vieilles idées que nous avons eu la faiblesse de laisser s’accréditer, il est impossible à un homme d’empêcher sa femme de le minotauriser;
Qu’une femme légitime est la meilleure amie d’un homme;
Qu’une femme est maîtresse chez elle, et reine dans son salon, etc.
Ceux qui, à ces conquêtes de la dignité de la femme sur le pouvoir de l’homme, veulent opposer une ferme résistance, tombent dans la catégorie des prédestinés.
D’abord, s’élèvent des querelles qui, aux yeux de leurs femmes, leur donnent un air de tyrannie. La tyrannie d’un mari est toujours une terrible excuse à l’inconséquence d’une femme. Puis, dans ces légères discussions, elles savent prouver à leurs familles, aux nôtres, à tout le monde, à nous-mêmes, que nous avons tort. Si, pour obtenir la paix, ou par amour, vous reconnaissez les droits prétendus de la femme, vous laissez à la vôtre un avantage dont elle profitera éternellement. Un mari, comme un gouvernement, ne doit jamais avouer de faute. Là, votre pouvoir serait débordé par le système occulte de la dignité féminine; là, tout serait perdu; dès ce moment elle marcherait de concession en concession jusqu’à vous chasser de son lit.
La femme étant fine, spirituelle, malicieuse, ayant tout le temps de penser à une ironie, elle vous tournerait en ridicule pendant le choc momentané de vos opinions. Le jour où elle vous aura ridiculisé verra la fin de votre bonheur. Votre pouvoir expirera. Une femme qui a ri de son mari ne peut plus l’aimer. Un homme doit être, pour la femme qui aime, un être plein de force, de grandeur, et toujours imposant. Une famille ne saurait exister sans le despotisme. Nations pensez-y!
Aussi, la conduite difficile qu’un homme doit tenir en présence d’événements si graves, cette haute politique du mariage est-elle précisément l’objet des Seconde et Troisième Parties de notre livre. Ce bréviaire du machiavélisme marital vous apprendra la manière de vous grandir dans cet esprit léger, dans cette âme de dentelle, disait Napoléon. Vous saurez comment un homme peut montrer une âme d’acier, peut accepter cette petite guerre domestique, et ne jamais céder l’empire de la volonté sans compromettre son bonheur. En effet, si vous abdiquiez, votre femme vous mésestimerait par cela seul qu’elle vous trouverait sans vigueur; vous ne seriez plus un homme pour elle. Mais nous ne sommes pas encore arrivé au moment de développer les théories et les principes par lesquels un mari pourra concilier l’élégance des manières avec l’acerbité des mesures; qu’il nous suffise pour le moment de deviner l’importance de l’avenir, et poursuivons.