—Peut-être y en a-t-il? dit le baron.

—Que monsieur Crevel m’aime, il est dans son droit d’homme; que je sois favorable à sa passion, ce serait le fait d’une coquette ou d’une femme à qui vous laisseriez beaucoup de choses à désirer... Eh bien! aimez-moi avec mes défauts, ou laissez-moi. Si vous me rendez ma liberté, ni vous, ni monsieur Crevel, vous ne reviendrez ici, je prendrai mon cousin pour ne pas perdre les charmantes habitudes que vous me supposez. Adieu, monsieur le baron Hulot.

Et elle se leva; mais le Conseiller-d’État la saisit par le bras et la fit asseoir. Le vieillard ne pouvait plus remplacer Valérie, elle était devenue un besoin plus impérieux pour lui que les nécessités de la vie, et il aima mieux rester dans l’incertitude que d’acquérir la plus légère preuve de l’infidélité de Valérie.

—Ma chère Valérie, dit-il, ne vois-tu pas ce que je souffre? Je ne te demande que de te justifier... donne-moi de bonnes raisons...

—Eh bien! allez m’attendre en bas, car vous ne voulez pas assister, je crois, aux différentes cérémonies que nécessite l’état de votre cousine.

Hulot se retira lentement.

—Vieux libertin! s’écria la cousine Bette, vous ne me demandez donc pas des nouvelles de vos enfants?... Que ferez-vous pour Adeline? Moi, d’abord, je lui porte demain mes économies.

—On doit au moins le pain de froment à sa femme, dit en souriant madame Marneffe.

Le baron, sans s’offenser du ton de Lisbeth qui le régentait aussi durement que Josépha, s’en alla comme un homme enchanté d’éviter une question importune.

Une fois le verrou mis, le Brésilien quitta le cabinet de toilette où il attendait, et il parut les yeux pleins de larmes, dans un état à faire pitié. Montès avait évidemment tout entendu.