—Vraiment, vous autres hommes, dit Valérie à Hulot, quand vous avez une fantaisie, vous brûleriez les maisons pour y entrer. Lisbeth est dans un état à ne pas vous recevoir... Craignez-vous d’attraper un rhume dans la rue!... Allez-y... ou bonsoir!...
—Adieu, messieurs, dit le baron à haute voix.
Une fois attaqué dans son amour-propre de vieillard, Hulot tint à prouver qu’il pouvait faire le jeune homme en attendant l’heure du berger dans la rue, et il sortit.
Marneffe dit bonsoir à sa femme, à qui, par une démonstration de tendresse apparente, il prit les mains. Valérie serra d’une façon significative la main de son mari, ce qui voulait dire:—Débarrasse-moi donc de Crevel.
—Bonne nuit, Crevel, dit alors Marneffe, j’espère que vous ne resterez pas long-temps avec Valérie. Ah! je suis jaloux... ça m’a pris tard, mais ça me tient... et je viendrai voir si vous êtes parti.
—Nous avons à causer d’affaires, mais je ne resterai pas long-temps, dit Crevel.
—Parlez bas!—que me voulez-vous? dit Valérie sur deux tons en regardant Crevel avec un air où la hauteur se mêlait au mépris.
En recevant ce regard hautain, Crevel, qui rendait d’immenses services à Valérie et qui voulait s’en targuer, redevint humble et soumis.
—Ce Brésilien...
Crevel, épouvanté par le regard fixe et méprisant de Valérie, s’arrêta.