—Il y en a bien assez d’un dans la famille, répliqua Lisbeth.

—Les artistes ne devraient jamais se marier! s’écria Steinbock.

—Ah! c’est ce que je vous disais rue du Doyenné. Vos enfants, à vous, ce sont vos groupes, vos statues, vos chefs-d’œuvre.

—Que dites-vous donc là! vint demander Valérie en se joignant à Lisbeth. Sers le thé, cousine.

Steinbock, par une forfanterie polonaise, voulut paraître familier avec cette fée du salon. Après avoir insulté Stidmann, Claude Vignon, Crevel, par un regard, il prit Valérie par la main et la força de s’asseoir à côté de lui sur le divan.

—Vous êtes par trop grand seigneur, comte Steinbock! dit-elle en résistant peu.

Et elle se mit à rire en tombant près de lui, non sans lui montrer le petit bouton de rose qui parait son corsage.

—Hélas! si j’étais grand seigneur, je ne viendrais pas ici, dit-il, en emprunteur.

—Pauvre enfant! je me souviens de vos nuits de travail à la rue du Doyenné. Vous avez été un peu bêta. Vous vous êtes marié, comme un affamé se jette sur du pain. Vous ne connaissez point Paris! Voyez où vous en êtes? Mais vous avez fait la sourde oreille au dévouement de la Bette comme à l’amour de la Parisienne, qui savait son Paris par cœur.

—Ne me dites plus rien, s’écria Steinbock, je suis bâté.