—Tiens! crois-tu que ce soit une fable? Je t’ai dit la vérité en riant.
—Et il t’aime? demanda vivement Hortense.
—Il m’adore! répondit la cousine en prenant un air sérieux. Vois-tu, ma petite, il n’a connu que des femmes pâles, fadasses, comme elles sont toutes dans le Nord; une fille brune, svelte, jeune comme moi, ça lui a réchauffé le cœur. Mais, motus! tu me l’as promis.
—Il en sera de celui-là comme des cinq autres, dit d’un air railleur la jeune fille en regardant le cachet.
—Six, mademoiselle, j’en ai laissé un en Lorraine qui, pour moi, décrocherait la lune, encore aujourd’hui.
—Celui-là fait mieux, répondit Hortense, il t’apporte le soleil.
—Où ça peut-il se monnayer? demanda la cousine Bette. Il faut beaucoup de terre pour profiter du soleil.
Ces plaisanteries dites coup sur coup, et suivies de folies qu’on peut deviner, engendraient ces rires qui avaient redoublé les angoisses de la baronne en lui faisant comparer l’avenir de sa fille au présent, où elle la voyait s’abandonnant à toute la gaieté de son âge.
—Mais pour t’offrir des bijoux qui veulent six mois de travail, il doit t’avoir de bien grandes obligations? demanda Hortense que ce bijou faisait réfléchir profondément.
—Ah! tu veux en savoir trop d’une seule fois! répondit la cousine Bette. Mais, écoute... tiens, je vais te mettre dans un complot.