Les gens du faubourg Saint-Antoine n’appellent jamais autrement ce quartier célèbre que le faubourg. C’est pour eux le faubourg par excellence, le souverain faubourg, et les fabricants eux-mêmes entendent par ce mot spécialement le faubourg Saint-Antoine.
—On ne t’a jamais dit ce qui était bien, ce qui était mal?
—Maman me battait quand je ne faisais pas les choses à son idée...
—Mais ne savais-tu pas que tu commettais une mauvaise action en quittant ton père et ta mère pour aller vivre avec un vieillard?
Atala Judici regarda d’un air superbe la baronne, et ne lui répondit pas.
—C’est une fille tout à fait sauvage!... se dit Adeline.
—Oh! madame, il y en a beaucoup comme elle au faubourg! dit la femme du fumiste.
—Mais elle ignore tout, même le mal, mon Dieu! Pourquoi ne me réponds-tu pas?... demanda la baronne en essayant de prendre Atala par la main.
Atala courroucée recula d’un pas.
—Vous êtes une vieille folle! dit-elle. Mon père et ma mère étaient à jeun depuis une semaine! Ma mère voulait faire de moi quelque chose de bien mauvais, puisque mon père l’a battue en l’appelant voleuse! Pour lors, monsieur Vyder a payé toutes les dettes de mon père et de ma mère et leur a donné de l’argent... oh! plein un sac!... Et il m’a emmenée, que mon pauvre papa pleurait... Mais il fallait nous quitter!... Eh bien! est-ce mal? demanda-t-elle.