—Vous en avez l’air, dit la Cibot, mais moi je me fierais à vous...
—Et vous auriez raison! dit-il... Venez me voir à chaque incident, et allez... Vous êtes une femme d’esprit, tout ira bien.
—Adieu, mon cher monsieur Fraisier, bonne santé... votre servante.
Fraisier reconduisit la cliente jusqu’à la porte, et là, comme elle la veille avec le docteur, il lui dit son dernier mot.
—Si vous pouviez faire réclamer mes conseils par monsieur Pons, ce serait un grand pas de fait...
—Je tâcherai, répondit la Cibot.
—Ma grosse mère, reprit Fraisier en faisant rentrer la Cibot jusque dans son cabinet, je connais beaucoup monsieur Trognon, notaire, c’est le notaire du quartier. Si monsieur Pons n’a pas de notaire, parlez-lui de celui-là... faites-lui prendre...
—Compris, répondit la Cibot.
En se retirant, la portière entendit le frôlement d’une robe et le bruit d’un pas pesant qui voulait se rendre léger. Une fois seule et dans la rue, la portière, après avoir marché pendant un certain temps, recouvra sa liberté d’esprit. Quoiqu’elle restât sous l’influence de cette conférence, et qu’elle eût toujours une grande frayeur de l’échafaud, de la justice, des juges, elle prit une résolution très-naturelle et qui l’allait mettre en lutte sourde avec son terrible conseiller.
—Eh! qu’ai-je besoin, se dit-elle, de me donner des associés? faisons ma pelote, et après je prendrai tout ce qu’ils m’offriront pour servir leurs intérêts...