—Je suis le maître des cérémonies, dit ce personnage d’une voix douce.
Habitué par ses fonctions à diriger tous les jours des convois et à traverser toutes les familles plongées dans une même affliction, réelle ou feinte, cet homme, ainsi que tous ses collègues, parlait bas et avec douceur; il était décent, poli, convenable par état, comme une statue représentant le génie de la mort. Cette déclaration causa un tremblement nerveux à Schmucke, comme s’il eût vu le bourreau.
—Monsieur est-il le fils, le frère, le père du défunt?... demanda l’homme officiel.
—Che zuis dout cela, et plis... che zuis son ami!... dit Schmucke à travers un torrent de larmes.
—Êtes-vous l’héritier? demanda le maître des cérémonies.
—L’héritier!..... répéta Schmucke tout m’esd écal au monde.
Et Schmucke reprit l’attitude que lui donnait sa douleur morne.
—Où ont les parents, les amis? demanda le maître des cérémonies.
—Les foilà dous, s’écria Schmucke en montrant les tableaux et les curiosités. Chamais ceux-là n’ond vaid zouvrir mon pon Bons!... Foilà doud ce qu’il aimaid afec moi!
—Il est fou, monsieur, dit la Sauvage au maître des cérémonies. Allez, c’est inutile de l’écouter.