Ch’irai, moi! dit Schmucke qui se sentit après tant de coups des douleurs intolérables au cœur.

—Ah! voilà monsieur Villemot! s’écria la Sauvage.

Monsir Fillemod, dit le pauvre Allemand, rebrezendez-moi...

—J’accours, dit le premier clerc. Je viens vous apprendre que le testament est tout à fait en règle, et sera certainement homologué par le tribunal qui vous enverra en possession... Vous aurez une belle fortune.

Môi eine pelle vordine! s’écria Schmucke au désespoir d’être soupçonné de cupidité.

—En attendant, dit la Sauvage, qu’est-ce que fait donc là le juge de paix avec ses bougies et ses petites bandes de ruban de fil?

—Ah! il met les scellés... Venez, monsieur Schmucke, vous avez droit d’y assister.

Non, hâlez-y.

—Mais pourquoi les scellés, si monsieur est chez lui, et si tout est à lui? dit la Sauvage en faisant du droit à la manière des femmes, qui toutes exécutent le Code à leur fantaisie.

—Monsieur n’est pas chez lui, madame, il est chez monsieur Pons; tout lui appartiendra sans doute, mais quand on est légataire, on ne peut prendre les choses dont se compose la succession que par ce que nous appelons un envoi en possession. Cet acte émane du tribunal. Or, si les héritiers dépossédés de la succession par la volonté du testateur forment opposition à l’envoi en possession, il y a procès... Et comme on ne sait à qui reviendra la succession, on met toutes les valeurs sous les scellés, et les notaires des héritiers et du légataire procéderont à l’inventaire dans le délai voulu par la loi. Et voilà.