—Non, non, répondit Schmucke. Hé! che n’ai pas londems à fifre, che ne feu qu’un goin bir murir.
La porte de la chambre fermée, on monta dans la mansarde, et dès que Schmucke y fut, il s’écria:—Foilà mon avvaire. Afand d’être afec Bons, che n’édais chamais mieux loché gue zela.
—Eh bien! il n’y a qu’à acheter un lit de sangle, deux matelas, un traversin, un oreiller, deux chaises et une table. Ce n’est pas la mort d’un homme... ça peut coûter cinquante écus, avec la cuvette, le pot, et un petit tapis de lit...
Tout fut convenu. Seulement les cinquante écus manquaient. Schmucke, qui se trouvait à deux pas du théâtre, pensa naturellement à demander ses appointements au directeur, en voyant la détresse de ses nouveaux amis... Il alla sur-le-champ au théâtre, et y trouva Gaudissard. Le directeur reçut Schmucke avec la politesse un peu tendue qu’il déployait pour les artistes, et fut étonné de la demande faite par Schmucke d’un mois d’appointements. Néanmoins, vérification faite, la réclamation se trouva juste.
—Ah! diable, mon brave! lui dit le directeur, les Allemands savent toujours bien compter, même dans les larmes... Je croyais que vous auriez été sensible à la gratification de mille francs! une dernière année d’appointements que je vous ai donnée, et que cela valait quittance!
—Nus n’afons rien rési, dit le bon Allemand. Ed si che fiens à fus, c’esde que che zuis tans la rie et sans eine liart... A qui afez-fus remis la cradivigation?
—A votre portière!...
—Madame Zibod! s’écria le musicien. Ele a dué Bons, ele l’a follé, ele l’a fenti... Ele fouleid prîler son desdamand... C’esde eine goguine! eine monsdre.
—Mais, mon brave, comment êtes-vous sans le sou, dans la rue, sans asile, avec votre position de légataire universel? Ça n’est pas logique, comme nous disons.
—On m’a mis à la borde... Che zuis édrencher, che ne gonnais rien aux lois...