Quand l’homme de la Banque fut hors de vue, Fischer fit retourner le cabriolet où attendait son auguste neveu, le bras droit de Napoléon, et lui dit en le l’amenant chez lui:—Voulez-vous que l’on sache à la Banque de France que vous m’avez versé les trente mille francs dont vous êtes endosseur?... C’est déjà beaucoup trop d’y avoir mis la signature d’un homme comme vous!...
—Allons au fond de votre jardinet, père Fischer, dit le haut fonctionnaire. Vous êtes solide, reprit-il en s’asseyant sous un berceau de vigne et toisant le vieillard comme un marchand de chair humaine toise un remplaçant.
—Solide à placer en viager, répondit gaiement le petit vieillard sec, maigre, nerveux et l’œil vif.
—La chaleur vous fait-elle mal?...
—Au contraire.
—Que dites-vous de l’Afrique?
—Un joli pays!... Les Français y sont allés avec le petit caporal.
—Il s’agit, pour nous sauver tous, dit le baron, d’aller en Algérie...
—Et mes affaires?...
—Un employé de la guerre, qui prend sa retraite et qui n’a pas de quoi vivre, vous achète votre maison de commerce.