[CHAPITRE IV].
De la Séparation.


ARTICLE PREMIER.

Se réconcilier avec une maîtresse adorée qui vous a fait une infidélité, c'est trop présumer de sa force: il faut que l'amour meure. Certes, c'est une des combinaisons les plus malheureuses de cette passion et de la vie; mais, réconcilié, on n'aurait pas un jour de calme ni de plaisir; il ne faut pas penser à ne se voir que comme amis: la séparation est le seul recours d'un cœur trahi.

ART. 2.

Une fois qu'on est bien convenu avec soi-même de la nécessité de la séparation, c'est une lâcheté d'en différer le moment.

ART. 3.

Ce qui distingue la séparation de la brouille, ce qui la rend durable, c'est la nécessité où l'on est d'oublier l'objet aimé et la facilité avec laquelle on se résout à former un autre attachement.

ART. 4.

On vante à tort et à travers les charmes du premier amour; l'homme cependant qui a été trompé une fois, et qui trouve dans une nouvelle liaison tout le charme, toute l'idéalité qu'il n'avait pas rencontrés, qu'il n'osait même plus espérer, cet homme nous semble bien plus heureux et bien plus fait pour donner le bonheur.