Eprouve ton cœur avant de permettre à l'amour d'y pénétrer, disait l'école de Pythagore: le miel le plus doux s'aigrit dans un vase qui n'est pas net.
M. de Portalis, qu'il faut bien se garder de confondre avec S. Exc. le ministre actuel des affaires étrangères, disait, dans la séance du 16 ventose an XVI: «Le mari et la femme doivent incontestablement être fidèles à la foi promise; mais l'infidélité de la femme suppose plus de corruption et a des effets plus dangereux que l'infidélité du mari: aussi l'homme a toujours été jugé moins sévèrement que la femme. Toutes les nations, éclairées sur ce point par l'expérience et par une sorte d'instinct, se sont accordées...» Voilà une belle déclaration des droits de l'homme: La Fontaine répond: «Ah! si les bêtes savaient peindre!»
Remarque. Les hommes qui ont perdu leur femme sont tristes; les veuves, au contraire, gaies et heureuses. Il y a même un proverbe parmi les femmes sur la félicité du veuvage. Il n'y a donc pas égalité dans le contrat d'union.
Les enfans connaissent tout le prix des larmes: c'est par elles qu'ils commandent, et quand on ne les écoute pas, ils se font mal exprès.—Les jeunes femmes agissent de même: elles se piquent d'amour-propre.
Le premier amour d'un jeune homme qui entre dans le monde est ordinairement ambitieux. Il se déclare rarement pour une jeune fille douce, aimable, innocente. Un adolescent a besoin d'aimer un être dont les qualités l'élèvent à ses propres yeux. C'est au déclin de la vie qu'on en revient à aimer le simple, le naturel, désespérant du sublime. Entre ces deux périodes se place l'amour véritable, qui ne pense à rien qu'à soi-même.
«Apprenons aux dames à se faire valoir, à s'estimer, à nous amuser et à nous piper. Faisant filer leurs faveurs et les étalant en détail, chacun, jusqu'à la vieillesse misérable, y trouve quelque bout de lisière, selon son vaillant et son mérite.» (Montaigne.)