Il cite deux jugemens prononcés par la comtesse de Flandre.
Jean de Nostradamus, Vie des poètes provençaux, dit, page 15:
«Les tensons étaient disputes d'amours, qui se faisaient entre les chevaliers et dames poètes entre-parlant ensemble de quelque belle et subtile question d'amour; et où il ne s'en pouvaient accorder, il les envoyaient, pour en avoir la définition, aux dames illustres présidentes, qui tenaient cour d'amour ouverte et planière à Signe et Pierrefeu, ou à Romanin ou à autres, et là-dessus en fesaient arrêts qu'on nommait lous arrêts d'amours.»
Voici les noms de quelques unes des dames qui présidaient aux cours d'amour de Pierrefeu et de Signe:
- Stephanette, dame de Baulx, fille du comte de Provence;
- Adalarie, vicomtesse d'Avignon;
- Alalète, dame d'Ongle;
- Hermyssende, dame de Posquières;
- Bertrane, dame d'Urgon;
- Mabille, dame d'Yères;
- La comtesse de Dye;
- Rostangue, dame de Pierrefeu;
- Bertrane, dame de Signe;
- Jausserande de Claustral[16].»
[16] Nostradamus, page 27.
Il est vraisemblable que la même cour d'amour s'assemblait tantôt dans le château de Pierrefeu, tantôt dans celui de Signe. Ces deux villages sont très voisins l'un de l'autre, et situés à peu près à égale distance de Toulon et de Brignoles.
Dans la Vie de Bertrand d'Alamanon, Nostradamus dit:
«Ce troubadour fut amoureux de Phanette ou Estephanette de Romanin, dame dudit lieu, de la maison de Gantelmes, qui tenait de son temps cour d'amour ouverte et planière en son château de Romanin, près la ville de Saint-Remy, en Provence, tante de Laurette d'Avignon, de la maison de Sado, tant célébrée par le poète Pétrarque.»
A l'article de Laurette, on lit que Laurette de Sade, célébrée par Pétrarque, vivait à Avignon vers l'an 1341, qu'elle fut instruite par Phanette de Gantelmes, sa tante, dame de Romanin; que «toutes deux romansoyent promptement en toute sorte de rithme provensalle, suyvant ce qu'en a escrit le monge des Isles d'Or, les œuvres desquelles rendent ample tesmoignage de leur doctrine.... Il est vray (dict le monge) que Phanette ou Estephanette, comme très excellente en la poésie, avait une fureur ou inspiration divine, laquelle fureur estait estimée un vray don de Dieu; elles estoyent accompagnées de plusieurs..... dames illustres et généreuses[17] de Provence, qui fleurissoyent de ce temps en Avignon, lorsque la cour romaine y résidoit, qui s'adonnoyent à l'estude des lettres tenans cour d'amour ouverte, et y deffinissoyent les questions d'amour qui y estoyent proposées et envoyées.....