La commission des pétitions de la chambre, n’a pas même voulu examiner la proposition de ratifier le vœu émis par le Conseil général de la Seine et a passé à l’ordre du jour.
Ne pouvant donner notre suffrage aux conseillers qui ont tenté de soustraire les femmes à l’exclusion électorale, nous avons fait apposer des affiches sur lesquelles on lit:
Le Suffrage des Femmes, 151, rue de la Roquette.
«Votez, faites voter, pour les Conseillers qui ont émis un vœu pour que les Femmes soient électeurs. Les Femmes électeurs seront plus considérées, mieux rétribuées, leurs facultés d’épargne rendront possibles toutes les réformes.»
UN SEXE EST-IL SUPÉRIEUR A L’AUTRE?
Le docteur Paul Topinard, dans La Revue de la science politique, dit: «que la différence de volume du cerveau était moindre entre les sexes aux âges préhistoriques et est moindre chez les sauvages, qu’elle n’est dans les races civilisées. Le progrès fait s’accentuer l’inégalité cérébrale. Le genre d’occupation de chacun crée des inégalités physiques dans le cerveau et dans ses manifestations.
«Il faut, conclut l’anthropologiste Paul Topinard, se préoccuper de la femme, lui faire partager nos travaux, notre responsabilité, fournir un aliment non futile à son activité cérébrale.»
Selon le docteur Louis Büchner:
«La prétendue infériorité de la femme, quant au volume cérébral, est une notion tout à fait erronée. Ce n’est pas dans ses dimensions absolues, mais dans ses dimensions relatives qu’il faut chercher la valeur réelle du cerveau; c’est-à-dire dans sa masse comparée à la masse totale du corps, et la qualité de la matière cérébrale. S’il n’en était ainsi, l’homme occuperait alors dans l’échelle des êtres un rang bien inférieur à celui de l’éléphant ou de la baleine, qui ont un cerveau bien plus volumineux que le sien.