Le 29 octobre 1904, les féministes s’efforcèrent de brûler aux pieds de la colonne Vendôme, un exemplaire du Code, pour protester contre la célébration de son centenaire.
En 1906, la société Le Suffrage émit son timbre et sa carte postale Suffrage universel dont beaucoup de journaux donnèrent le fac-similé; et, qui obtinrent tant de succès, qu’un artiste suisse, nous demanda l’autorisation de graver l’éloquent dessin sur des montres et sur des bijoux.
En les périodes électorales, la société Le Suffrage des Femmes fait apposer des affiches où l’on voit un électeur et une électrice qui déposent leur bulletin dans l’urne électorale.
Une proposition de loi en faveur du suffrage administratif et politique des femmes célibataires, veuves et divorcées a été présentée à la Chambre en 1901 par M. Gautret.
Un autre projet de loi donnant aux femmes le vote dans les élections aux conseils municipaux, aux conseils d’arrondissements, aux conseils généraux a été déposé à la Chambre en 1906 par M. Dussaussoy.
Ces propositions ne sont pas venues en discussion.
En avril 1907 la lettre suivante fut adressée à chacun des députés et des sénateurs.
Monsieur le législateur.
La Société «Le Suffrage des Femmes», qui lutte depuis vingt-neuf ans pour faire admettre les Françaises à exercer leurs droits politiques, vous prie instamment de proposer au Parlement de conférer aux femmes—aux mêmes conditions qu’aux hommes—l’électorat et l’éligibilité dans la Commune et dans l’État.
Accorder aux femmes qui subissent les lois et paient les impôts, le droit au droit commun, ce sera immédiatement élever, avec la mentalité, le niveau moral de la France; donc, rendre moins redoutables pour la prospérité individuelle et collective, les conflits économiques entre individus et entre nations.