C’est que le sexe masculin est plus frappé par la mort que le sexe féminin. La mortalité masculine est grande pendant la vie intra-utérine. Et pendant les premiers jours, les premières semaines, les premières années les petits garçons sont beaucoup plus fauchés par la mort que les petites filles. C’est qu’ils sont nés dans de moins bonnes conditions de nutrition que les petites filles et qu’il y a en eux une faiblesse congénitale.

La femme est plus résistante que l’homme; elle supporte mieux la fatigue et la privation.

M. Edmond Perrier, directeur du Muséum, se demandait pourquoi, seules les femelles d’un parasite de l’homme connu sous le nom de filiaire de Médine ou dragonneux, se développait sous la peau en provoquant de graves abcès. Il donne, à défaut d’observation, cette solution qu’il croit possible: Dans les formes peu actives du règne animal, de même que dans la société humaine en décadence, le rôle du sexe masculin s’amoindrit de plus en plus, tandis que le sexe féminin prenant une existence croissante se substitue à lui peu à peu et finit par l’éliminer. Dans le règne animal c’est l’organisme masculin qui s’amoindrit et disparaît. Dans les sociétés humaines, c’est la volonté masculine qui s’amollit, qui «s’efféminise» et laisse une sensibilité maladive prendre la place des fières abnégations de soi-même que comporte le rôle de père de famille. Ce n’est pas la femme qui s’élève dans ces sociétés, c’est l’homme oublieux de sa mission qui se laisse glisser.

La supériorité organique de la femme rend impossible son égalité avec l’homme, suivant le directeur du Muséum, qui vient comme il peut, au secours du masculinisme.

Ce membre de l’Institut, bien qu’imbu de préjugés, déclare que le «sexe féminin» est le sexe de la nutrition intensive, qu’il naît dans l’abondance et s’y maintient par le dépôt dans les tissus d’importantes réserves alimentaires.

«Le sexe masculin est au contraire le sexe de la nutrition imparfaite. Il se caractérise par une dilapidation extraordinaire des substances qui dans le sexe féminin sont mises en réserve.»

Mais, pour M. Edmond Perrier, que la femme soit supérieure ou inférieure à l’homme, c’est une question oiseuse (sic) dès qu’elle ne peut selon lui combiner les devoirs de la maternité avec une existence analogue à celle que l’homme peut mener, en raison de son indépendance vis-à-vis de sa progéniture.

Le directeur du Muséum s’écarte de la réalité, en ne constatant pas que les deux tiers des femmes sont sans progéniture et sans maris pour subvenir à leurs besoins.

Ce n’est pas en faisant de la maternité une cause de dégradation civique, que l’on amènera à s’augmenter, en France, le nombre des naissances. C’est en substituant, comme le demandent les féministes, la citoyenne consciente du devoir, au mannequin qui sert d’instrument de plaisir.

Les grands enfants qui gouvernent ont besoin d’un jouet, et, au détriment de la race, ils sacrifient à leur amusement, les femmes. Mais il va falloir cesser de se contredire pour appliquer les principes républicains, en faisant participer la Française aux affaires publiques.