En Australie les droits politiques exercés par les femmes ont eu une influence considérable sur la moralité des élus. Les partis ont dû abandonner les candidats de moralité insuffisante, pour les électrices.
Partout le bien individuel et public profite de la coopération politique de l’homme et de la femme.
Les hommes et les femmes étant solidaires doivent en collaboration diriger la société.
Dans les pays où les femmes votent, en effet, de quoi se plaint-on? Est-ce des opinions contradictoires existant entre électeurs et électrices? Non!
En même temps que l’on se loue de la moralisation politique due à l’élément féminin, on se plaint de la trop grande communion d’idées entre conjoints. On dit que les deux époux en votant de même ne font que se doubler, ne font qu’augmenter l’autorité de leur parti.
Les femmes votent comme leurs maris, ou les maris comme leurs femmes. La communauté des intérêts réalise l’entente politique. Or, qu’est-ce qui serait actuellement plus désirable en France que l’entente politique?
Il est d’ailleurs un nombre considérable de femmes, les célibataires et les veuves, que l’on ne peut redouter de voir briguer la candidature en même temps que leur mari, attendu qu’elles n’en ont point.
NOTES
[1] Le mot Féministe—adhérent du Féminisme, qui est une doctrine qui fait la femme l’égale de l’homme et lui accorde les mêmes droits—est ici par anticipation, car il ne fut employé par Hubertine Auclert qu’en 1882 dans une lettre au préfet de la Seine. Voir le Vote des femmes, page 64.