La majorité de la nation formée des femmes subit le joug de la minorité masculine. C’est cette dérogation à la loi du nombre sur lequel repose l’ordre social, qui cause l’anarchie actuelle.

Les assemblées délibérantes ne peuvent s’occuper sérieusement des réformes sociales tant qu’il sera interdit aux femmes qui sont la majorité des intéressés français de formuler leur desideratum.

On a dit que si la France pouvait entrer dans l’enceinte de la Chambre, les minorités y seraient. Les femmes y seraient encore bien plus visibles que les minorités, puisque le nombre des femmes est supérieur à celui des hommes représentés ou non.

Quand des individus s’associent pour exploiter une industrie, quelque soit le sexe des individus, ils recueillent de l’association les mêmes bénéfices.

Pourquoi dans la société constituée par l’agglomération humaine, les femmes et les hommes qui apportent les mêmes enjeux et qui encourent les mêmes responsabilités n’auraient-ils pas les mêmes avantages et les mêmes droits?

Les femmes intervenant dans les affaires publiques, ce serait, dans l’organisme social, une transfusion du sang neuf qui donnerait à notre nation vieillie la vigueur des peuples jeunes, et lui inculquerait le désir violent de rester libre.

Puisque les hommes seuls n’ont pu instaurer une vraie république, il faut que les femmes secondent, renforcent les hommes, et que le renfort d’une élite femme régénère les pouvoirs publics.

Ce meilleur facteur du bonheur humain, la femme, ne peut être empêchée d’actionner les rouages de la machine gouvernementale.

La prospérité ne régnera en France que quand l’homme dans la salle de vote et dans les assemblées délibérantes sera secondé par la femme dont est si grande la puissance d’intuition et d’utilisation.

Les hommes sont sans les femmes, misérables dans l’état, comme ils sont sans les femmes misérables dans la maison.