Note 23:[ (retour) ] Maxime de Tyr. &c. Dissertat. I. Au milieu de tant d'opinions diférentes, qui se combattent les unes les autres, on en voit une constante & universelle; que Dieu est & le Roi & le Pére de toutes choses; qu'il y a plusieurs Dieux, qui sont fils du Dieu souverain, & qui ont part à la conduite de l'Univers. Le Grec, le Barbare; ceux qui habitent près de la mer, & ceux qui en sont éloignez, le Sage & l'Idiot, parlent tous là-dessus le même langage. Antisthéne, Sophocle, & Varron, reconnoissent aussi un seul Dieu souverain.
Note 24:[ (retour) ] Nous l'aprenons de Joséphe, de Philon &c. Jos. Rép. à Appion, liv. II. dit qu'il n'y a aucune ville, soit Gréque soit Barbare, où ne soit parvenue la coutume de célébrer le septième jour, de même que le font les Juifs. Philon. Le septième jour est un jour de fête, non pour une seule ville, ou pour un seul païs, mais pour tous les peuples du monde. Clément Alexandrin cite là-dessus Hésiode, Homére, & Callimaque.
Note 25:[ (retour) ] Dion Cassius. Il témoigne «que la coutume de compter le tems par une révolution, de sept jours est venue des Egyptiens, & que d'eux elle s'est répandue parmi tous les autres Peuples.»
Les Egyptiens tenoient que la vie des premiers hommes avoit été d'une grande simplicité,[26] & que l'usage des vétemens leur étoit inconnu. L'âge d'or si vanté par les Poëtes, & que Strabon témoigne[27] avoir été connu des Indiens, n'est autre chose que cet heureux tems qui a précédé la chûte du premier homme.[p] Maimonides remarque que[28] l'histoire d'Adam, d'Eve, de l'Arbre, & du Serpent, faisoit de son tems un des articles de la Tradition des Indiens Idolâtres, des habitans du Pegu, & des Calaminsames. Ferdinand de Mendès, & quelques autres de ce siécle, raportent que le nom d'Adam n'est pas inconnu aux Brachmanes: & que les Siamois comptent aujourd'hui[29] six mille ans, depuis la création du Monde. La longue vie des Patriarches se trouve dans l'histoire que[q] Bérose[30] a faite de la Chaldée, dans celle d'Égypte par Manéthon[r], dans celle des Phéniciens composée par Hirom[s], & enfin dans l'Histoire Grecque d'Hestiæus, d'Hécatée, d'Hellanicus, & dans les Poësies d'Hesiode. Ce qui peut rendre cette vérité moins incroyable, c'est que des Auteurs de plusieurs païs, entre autres[t] Pausanias[31] Philostrate[u] & Pline raportent qu'en quelques sépulcres on a trouvé des corps[Y] d'une grandeur beaucoup au dessus de l'ordinaire.[32] Catulle, & avant lui plusieurs Auteurs Grecs, disent qu'avant que la corruption du genre humain fût montée à l'excès, Dieu[33] & les Intelligences par lesquelles il exécute ses ordres, n'ayant pas encore rompu tout commerce avec les hommes, communiquoient quelquefois avec eux par des aparitions. La vie brutale des Géans raportée par Moyse se lit aussi[34] dans presque tous les Auteurs Grecs, & dans quelques Auteurs Latins.
Note 26:[ (retour) ] Et que l'usage des vêtements &c. Diodore de Sic. raportant l'opinion des Egyptiens sur cela, dit[U] «que les premiers hommes menoient une vie fort incommode & fort dure, parce qu'on n'avoit encore inventé aucune des choses utiles à la vie: qu'ils n'avoient ni habits, ni maisons, ni feu & que leur manger étoit très-grossier. Dicéarque, Philosophe Péripatéticien, cité par Varron & par Porphyre, dit «que les premiers hommes étant bien plus près des Dieux que nous étoient d'un très-bon naturel», et vivoient dans l'innocence; & que de là est venu le nom d'âge d'or, qu'on a donné aux premiers siècles.
Note U:[ (retour) ] Ce témoignage joint à celui qui suit forme une description assez bizarre des premiers hommes, l'un les réprésente menant une vie fort misérable, & l'autre, fort sainte. Ainsi il pourroit sembler qu'ils ne sont pas au but de l'Auteur. Ils y sont pourtant, aujourd'hui; que le lait, le vin & le miel couloient de source de même que l'eau: mais que cette délicieuse abondance ayant rendu les hommes fiers & insolens, Dieu qui ne le put souffrir leur ôta tous ces biens, & établit un autre genre de vie, pénible & laborieux.»
Note 27:[ (retour) ] Avoir été connu des Indiens. Strabon, liv. xv. fait dire à Calanus l'Indien, «qu'autrefois la farine étoit aussi commune que la poussiére l'est autant le premier, pour ce qui est de la simplicité de la vie de nos premiers Péres, l'autre, pour l'innocence de leurs moeurs. Le 3. passage qui est directement contraire au 1. peut néanmoins avoir lieu ici, en ce qu'il représente assez bien cette vie toute simple, & toute naturelle de l'homme avant qu'il tombât dans la révolte.
Note p:[ (retour) ] Le Rabin Maimonides étoit très savant, quelques Juifs l'appellent la lumière d'Israel, à cause de sa science; il étoit né à Cordoue en Espagne l'an de J.C. 1135. & mourut âgé de plus de 70 ans. TRAD. DE PAR.
Note 28:[ (retour) ] L'Histoire d'Adam, d'Eve, du Serpent, &c. Chalcidius sur le Timée de Platon: selon Moyse Dieu défendit aux premiers hommes de manger de certains fruits, qui leur pouvoient donner la Connoissance du bien & du mal. Et ailleurs; «C'est à cela que se raporte ce que les Hébreux dirent; que Dieu avoit donné à l'Homme une ame raisonnable par une inspiration céleste, & aux bêtes, une ame destituée de raison, se contentant de commander à la Terre de les produire de son sein; que de ce nombre fut ce serpent, qui par ses suggestions engagea dans le crime ces prémices de tous les hommes.» Dans les plus anciennes céremonies des Grecs on crioit Eva, & en même tems on montroit un serpent.
Note 29:[ (retour) ] Six mille ans depuis la création. Selon le raport de Simplicius, Callisthéne envoya à Aristote des Observations Astronomiques qu'il avoit recueillies à Babylone, & qui remontoient jusqu'à 1903 ans, ce qui est à-peu-près le tems qui pouvoit s'être écoulé depuis le Deluge jusqu'à Callisthéne.