En ce sens, on a pu dire sans exagération:
—Verbale ou réelle, l'injure est un vaste réservoir où viennent se réunir toutes les causes de divorce, non prévues par le législateur.
Je vous prie de vous reporter à l'axiome par lequel ce chapitre débute:
«Les époux divorcent à cause des défauts de caractère qui les rendent insupportables l'un à l'autre. C'est l'incompatibilité d'humeur, déguisée sous le passe-partout de l'injure grave, qui est la cliente attitrée du divorce.»
Si, d'autre part, vous voulez bien vous souvenir que l'injure—même grave—est un motif, non point «péremptoire», mais «facultatif» du divorce, vous serez mieux préparés à apprécier par vous-mêmes les faits que je soumets à votre libre jugement.
Côté des plaidants:
Un homme du monde, très connu, vient trouver un avocat de ses amis:
—Mon cher, il faut que tu me rendes un service... Je veux divorcer.
—Diable! Tu as donné des coups à ta femme?
—Tu n'y penses pas!