MUTILATION

Vieil azur
le corps mime la mort
la peur figée sur l'oeil

au temple des lèvres
le dernier cri
du temps mutilé

saccagé
le vide explore le fruit
d'un bruit de chair
la douleur immolé
ENVOL

Un discours
un espace blanc
et tout ce remplissage du silence
qu'on verse sur le père
la mère
les enfants
et mémère dans la dramaturgie
ordonnée
multipliée par l'espace-temps

on le retrouve en double
en triple
en quadrimoteur
sur les ailes du langage
elle flotte
sur la masse totale du poème
étriqué(e)


LES VIEUX

Jeunes dieux fripés
ils pratiquent le silence
les vieux
dans le bar enfumé de leurs rêves
font profession de mémoire
et c'est dans la rosée de leurs regards
que trempent nos coeurs délicats

les vieux vont et reviennent
traversent nos pas endoloris
de l'épaule à la hanche
ont le trépas allongé
et le sourire
fleuri

lorsqu'ils viennent tout près
les vieux
leurs mots saignent d'azur
sur nos couchants

récifs argentés des échouages
qu'un poil de chat
fait éternuer

LA REPOUSSE


Couchée dans le duvet de l'automne
je crie en silence
sous le pluie verte
et sourde
mon corps détrempé
ramollit
et que viennent les mouches
braconner sur les restes
de ma folie

entourez-moi de vos bruits d'ailes
enterrez-moi comme un hasard
jusqu'à la prochaine repousse