[14: Le nom de l'homme extraordinaire qui arrive pour la première fois dans ces Mémoires, s'y produira plus tard, et sous une couleur qui ne sera point celle de la haine. C'est ici un rival qui parle avec l'amertume d'un ressentiment et d'une prétention personnels. L'auteur parlera à son tour de Napoléon avec toute la franchise de ses propres impressions, que l'exactitude dont il fait preuve en ce moment, lui donnera le droit de ne pas affaiblir.
Quant à nous, nous saisissons avec empressement cette première rencontre d'une gloire naissante, et nous renvoyons les lecteurs à la fin de ce volume, pour saisir quelques uns des traits d'une figure qui dominera toutes les autres dans l'histoire.
Ils verront, dans une suite de lettres à Joséphine, l'âme de Napoléon avec ses affections intimes, ses confidences secrètes. Cette correspondance date à peu près de l'époque des premiers succès de Bonaparte, de l'époque où Moreau le trouvait sur son passage pour le méconnaître.
Cette partie curieuse de notre publication est entièrement étrangère à l'auteur des Mémoires. Dépositaires depuis long-temps de cette précieuse correspondance, nous avons obtenu de la joindre à un ouvrage assez riche par lui-même en révélations, et plutôt comme un complément de souvenirs que comme une ressource d'intérêt. Si cet appendice a besoin de responsabilité, nous déclarons qu'elle doit peser sur nous seuls. (Note des Éditeurs.)]