Et je ne guérirai pas…
Alors du cercle des mokhazni, une autre voix s’élève, une voix plus fruste, et plus rauque, celle de mon ami Abdelkader ben Chohra[24] :
[24] Abdelkader ben Chohra a été tué par une balle dans l’oued Zousfana, quelques jours plus tard. (N. de l’A.)
Ami, pleure sur moi, pleure sur l’exilé !
Quand j’ai quitté mon douar, Embarka est sortie…
Elle a couvert sa tête de poussière en signe de deuil.
Pourtant chacun suit sa destinée, et je suis parti,
Et j’ai pris la route du Sud…
Quarante jours, quarante nuits, j’ai pleuré.
Jusqu’à ce que se fût desséché mon cœur,