La femme de Tidjani
Taïeb a une idée : il veut aller à la recherche d’un certain Tidjani, originaire de Bou-Semrhoun, ouvrier à la gare, qui possède une mule.
Derrière la redoute, sous une petite tente en loques, nous trouvons la femme de Tidjani, flétrie, la peau tannée par le soleil, mais qui a dû être belle jadis.
Elle sait encore se draper avec grâce dans ses haillons de laine rouge.
Taïeb, qui croit fermement à la réalité de Si Mahmoud le Constantinois, me cligne de l’œil en souriant, quittant sa belle gravité de tout à l’heure.
— Hassouna est du Djebel-Amour, du pays des belles filles.
Taïeb s’accoude sur un vieux coussin en laine pour mieux regarder la Bédouine à qui il dit, sur un ton d’une tendresse voulue :
— Tu te souviens, il y a deux ans, à Duveyrier ?
Hassouna nie avec énergie, mais aussi avec un rire trouble qui la dément.
— Quoi, à Duveyrier ? Tu es fou, et tu mens. Entre toi et, moi il n’y a que le bien…