Au milieu de la nuit, autre alerte ; les chiens dévalent de nouveau au-dessus de nos têtes, avec des hurlements. Les mokhazni jurent franchement : on ne pourra pas dormir tranquille !
Nous veillons, nous attendons. Rien. Le silence retombe sur le douar, avec une fraîcheur d’avant l’aube. Cette fois, nous nous rendormons d’un sommeil accablé et profond.
C’est l’aube, l’heure radieuse entre toutes au désert. Je m’éveille au murmure grave des mokhazni qui prient dehors, baignés dans la lueur irisée du jour levant.
Nous sortons, et nous montons à cheval, pour retourner à Hadjerath.
Autour du douar, à deux cents mètres au plus, les mokhazni relèvent les traces du djich : une vingtaine d’hommes à pied.
Nous continuons notre route en remontant vers les rochers déchiquetés de Hadjerath M’guil.
Bourgade morte
De nouveau le petit train reprend sa marche lente à travers les solitudes. Les gares passent, avec des arrêts longs.
Djenien-bou-Rezg, la plaine ardente, une grande redoute rougeâtre, quelques masures esseulées.