La nuit chaude tomba sur les jardins. Un silence régna, où seul montait un soupir immense, soupir de la mer qui dormait, tout en bas, sous les étoiles, soupir de la terre en chaleur d’amour.

Comme des joyaux, des feux brillèrent sur la croupe molle des collines. D’autres s’égrenèrent en chapelets d’or le long de la côte, d’autres s’allumèrent, comme des yeux incertains, dans le velours d’ombre des grands arbres.

Le Vagabond et son aimée sortirent sur la route, où personne ne passait. Ils se tenaient par la main et ils souriaient dans la nuit.

Ils ne parlèrent pas, car ils se comprenaient mieux en silence.

Lentement, ils remontèrent les pentes du Sahel, tandis que la lune tardive émergeait des bois d’eucalyptus, sur les premières ondulations basses de la Mitidja.

Ils s’assirent sur une pierre.

Une lueur bleue coula sur la campagne nocturne et des aigrettes d’argent tremblèrent sur les branches humides.

Longtemps, le Vagabond regarda la route, la route large et blanche qui s’en allait au loin.

C’était la route du Sud.

Dans l’âme soudain réveillée du Vagabond, un monde de souvenirs s’agitait.