L’amoureuse centenaire regrettait les sourires et les colères des océans éternels.

FRAGMENTS ET VARIANTES

HAUSER LE TRAVE

… Un jour, dans un cabaret d’El-Affroun, un homme avec qui il avait lié conversation, lui paya un demi-litre de blanc et lui proposa de l’embaucher comme charretier, puisqu’il savait soigner les bêtes et conduire. — Lui, il avait l’entreprise du camionnage à Duperré.

Hauser resta songeur. Bien sûr, on crevait la faim et c’était pas une vie. Mais aussi, Duperré, c’était trop près d’Orléansville. Si on allait le reconnaître.

Il hésita longtemps. Puis, tout à coup, un orgueil lui vint : est-ce qu’il était aussi bête que les autres, là-bas ? Est-ce qu’il ne saurait pas se cacher, se masquer, faire voir du bleu à tout le monde ? Et il accepta…

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* *

Après deux ans, bronzé et barbu, le charretier Godard se souvenait lui-même à peine de Hauser le Trave, dit « Pied-de-bœuf ».

Qui pouvait le reconnaître ?

Un soir d’élections municipales, comme on avait beaucoup bu, Hauser, quoique ne pouvant naturellement pas voter, s’était mêlé aux groupes, dans les cafés. Et, vers 9 heures, une dispute éclata. On parlait du maire réélu.