Mon cher ami[76],

Je suis arrivé ici à 11 heures et demie, après une très facile traversée, et j'ai trouvé le prince arrivé de Russie de la veille. Il compte faire l'ouverture de la chasse le 4 septembre et il nous engage dès le 3 pour trois ou quatre jours. Il paraît qu'il y a immensément de gibier (j'ai parlé à son garde): perdrix, lièvres, lapins, faisans, chevreuils. Il faudra, d'après ce qu'il dit, détruire trois à quatre cents lièvres, les voisins se plaignent beaucoup; le reste à l'avenant. On m'a préparé deux chiens, que je vais essayer, et j'espère en acheter un. Voici donc comment s'arrangera l'affaire: Je reviendrai à Courtavenel le 29 ou le 30; et le 3, nous partirons ensemble. On arrive à Melun à 10 heures et le chemin de fer repart à 10 heures et demie; c'est très commode.

Mille choses à tout le monde et à revoir.

IV. TOURGUENEFF.

XXXVI

Paris, 16 octobre 1857.

Mon cher ami,

Notre voyage est retardé d'un jour, c'est demain que nous partons. J'ai vu Templier[77], je lui ai parlé de notre traduction[78]. Il dit qu'il ne pourrait pas la faire paraître avant celle de Marmier[79], qui sera un peu retardée par l'envoi des épreuves à Rome.

Il y a dans le Journal des Débats un grand article de M. Ratisbonne sur Manin, très bien fait.

Voici les quelques lignes que je vous propose d'ajouter à la fin des Grands Bois[80]: