Je suis avec un profond respect, madame, votre très-humble et très-obéissant serviteur.
de Limairac.
Le second est un Almanach de Flore, pour 1774. C'est un recueil de quarante-huit fleurs gravées et coloriées. Au-dessous de chaque fleur se trouve une devise et derrière un horoscope. Ces devises et ces horoscopes sont divisés en séries de numéros, applicables à une demoiselle, à un garçon, à une femme mariée, à un homme marié, à une veuve et à un veuf. L'auteur était un capitaine d'infanterie nommé Douin, né à Versailles.
La beauté des dorures de ce petit volume, relié en maroquin rouge, fait présumer que c'est encore un cadeau offert à madame du Barry. Après le titre sont placées deux gravures en rouge. L'une représente un tournesol regardant le soleil avec cette devise.
| L'astre est constant, |
| La fleur fidèle; |
allégorie se rapportant aux amours du roi et de la comtesse. L'autre offre le portrait de madame du Barry. Au-dessous sont deux flèches croisées avec un cœur et les vers suivants:
| A la plus belle. |
| Je dormais; le Maître des dieux |
| Me dit: «Je sais ce que tu veux; |
| Choisis ou déesse, ou mortelle, |
| Pour lui consacrer tes couplets.» |
| Quoi, lui dis-je, une bagatelle! |
| «Ne crains rien: je te le permets.» |
| Je choisirai donc la plus belle. |
Le troisième ouvrage est intitulé Contes moraux et nouvelles idylles de D... et Salomon Gessner.—Les contes sont de Diderot, et la traduction des idylles de Gessner est de Meister, qui fut secrétaire de Grimm.
Le traducteur dont le nom ne parut pas sur cette édition ne voulut cependant pas le laisser ignorer de madame du Barry, et dans l'exemplaire qu'il lui adressa, il ajouta une épître dédicatoire signée de lui. Cette épître, écrite par un habile calligraphe, est ainsi conçue:
| De la beauté, les talents et les arts |
| Chérissent tous l'aimable empire. |
| Que l'églogue au naïf sourire |
| Arrête un instant vos regards! |
| Comme vous, belle sans parure, |
| Elle doit tout aux mains de la nature. |
| Comme vous elle a quelquefois, |
| Sous l'air d'une simple bergère, |
| Charmé les héros et les rois, |
| Même les dieux. Apollon, pour lui plaire, |
| Vint oublier l'Olympe à l'ombre de ces bois. |
| Quel dieu pour vous ne l'oublierait de même, |
| Si de l'amour la puissance suprême |
| Vous permettait encore un choix? |