Madame de Pompadour eut une fille de M. d'Étiolles; elle se nommait Alexandrine. Il paraît que sa figure était charmante et pleine de feu. Sa mère rêvait pour elle les plus brillantes alliances, lorsqu'elle mourut à quatorze ans, de la petite vérole, dans le couvent de l'Assomption, où elle était élevée. On voit par ces pensions que madame de Pompadour n'oubliait pas ceux qui avaient approché sa fille, et cela explique aussi pourquoi elle protégea toujours ce couvent de l'Assomption, et y fit faire des embellissements dont nous avons vu le chiffre au chapitre des bâtiments.
| Livres. | |
| Au fils de sa première femme de chambre. | 212 |
| (Celle qui la servait sous un nom supposé.) | |
| Au fils de Douy. | 300 |
| Au fils de madame Duhausset, seconde femme de chambre. | 400 |
| Pour le petit Beaulieu, gentilhomme. | 150 |
| Pour le petit Capon, gentilhomme. | 300 |
| Pour la fille Manoyé. | 380 |
| Pour mademoiselle Guillier. | 300 |
| Pour mademoiselle de Pontavici. | 250 |
| Pour madame la baronne de Rhone, âgée dequatre-vingt-dix ans. | 3,000 |
| Pour mesdemoiselles de Farges. | 2,000 |
| Pour la petite nymphe de Compiègne. | 400 |
| Pour le petit Jean-Simon. | 300 |
| (Elle faisait distribuer dans les greniers de Versailles, par son homme de confiance, tous les ans, 12 à 13 mille livres.) | 12,000 |
| Au petit Sans-Bras. | 144 |
| A un pauvre boiteux. | 36 |
| A madame Questier. | 72 |
| A madame de Gosmond, pour être religieuse. | 1,800 |
| A mademoiselle Dulaurent, pour être religieuse. | 1,800 |
| A mademoiselle Duhausset. | 400 |
| A mademoiselle de Longpré, sa parente. | 600 |
| A madame de la Croix. | 300 |
| A madame Trusson, pour remettre à quelqu'un à Paris. | 240 |
Puis vient une longue liste des maisons religieuses auxquelles madame de Pompadour accordait des secours; ces maisons sont au nombre de cinquante et une.
| Elle leur donnait tous les ans dans le carême. | 600 |
| A tous les curés de ses maisons. | 1,452 |
| Aux deux curés de Versailles, à chacun 10 louis. | 480 |
| Au curé de Fontainebleau. | 120 |
| Au curé de Choisy. | 120 |
| Aux sœurs grises de Choisy. | 120 |
| Aux sœurs grises de Fontainebleau. | 120 |
| A tous les curés de Compiègne. | 600 |
| A toutes les maisons religieuses de Compiègne. | 1,200 |
| A un pauvre abbé de Compiègne, aux carmélites. | 48 |
| A madame de Villars, pour ses pauvres, tous les ans. | 1,200 |
| Aux frères de la forêt de Sénart. | 46 |
| A la bouquetière du château de Versailles, suivant la cour. | 120 |
| La fondation d'une grand'messe aux carmélites de Compiègne. | 600 |
| Le jour de l'an, à tous les officiers des petits appartements du roi, et garçons du château, à chacun une très-belle veste. | 1,000 |
| A tous les autres domestiques du roi, suisses des appartements grands et petits, valets de pied, frotteurs, cochers, postillons et palefreniers du roi, et tous les métiers travaillant au château. | 1,200 |
| A la naissance de Mgr le duc de Bourgogne, elle donna 3,000 livres à distribuer aux pauvres de Versailles. | 3,000 |
| Ainsi qu'aux autres naissances, trois autres fois. | 9,000 |
| Elle fit donner aux pauvres de la Trappe, en deux fois. | 15,000 |
| Elle fit à Crécy, en deux fois, quarante-deux mariages, à l'occasion de la naissance des princes. Elle dota mari et femme à raison de 300 livres et 200 livres pour les habits. | 21,000 |
Telle est la liste de ses dons.
Le manuscrit est enfin terminé par une récapitulation des sommes dépensées par madame de Pompadour pendant les dix-neuf années de sa faveur.—Le total général est de 36,924,140 l. 8 s. 9 d.
Voilà, sur sa déclaration, le relevé de ce que madame de Pompadour a coûté à la France.
IX
LE PARC AUX CERFS SOUS LOUIS XV.
1755-1771.
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Il n'est aucun fait historique qui ait rendu plus odieux le nom de Louis XV, et qui, d'un autre côté, ait donné lieu à plus de divagation parmi les écrivains, que le mystérieux établissement du Parc aux Cerfs. Les historiens les mieux renseignés ne savent où il était placé. Les uns, se fondant sur son nom, en font une ancienne habitation de chasse de Louis XIII transformée en une sorte de petit palais entouré de jardins et de bois. D'autres le confondent avec l'Ermitage de madame de Pompadour; personne en un mot, jusqu'à ce jour, n'a pu dire d'une manière positive où il était placé. Depuis fort longtemps, nous cherchions à découvrir cette énigme historique, et tous nos efforts avaient été inutiles. Il y a peu de temps qu'en parcourant les Mémoires de madame Campan, nous fûmes frappé d'une anecdote sur Louis XV, à laquelle nous avions fait jusqu'alors peu d'attention. La voici: